Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

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N O U V E L L E S

La Havane. 19 Avril 2012 

Message à mon peuple

Le 14 avril 2012

« Année 54 de la Révolution »

Chers compatriotes,

De retour au monde de l’absurde après une très brève visite à la patrie, qui a suscité chez certains les plus diverses élucubrations – nombreuses d’un niveau de bêtise que seuls les détracteurs de notre société peuvent atteindre –, il est temps pour moi de solder une dette envers notre peuple à travers ces quelques lignes. Elles ne sont pas destinées à ceux qui espéraient nous critiquer en prévoyant que mon séjour à Cuba allait se transformer en acte politique et qui le font maintenant parce qu’il a été un exemple de discrétion, ni à ceux qui prédisaient que je ne reviendrais pas aux États-Unis et qui à présent cherchent les plus diverses raisons à ce retour. Il s’agit d’un devoir élémentaire vis-à-vis d’un peuple qui a fait sien le soulagement que m’a apporté cette parenthèse. Beaucoup, animés du meilleur esprit solidaire et généreux, souhaitaient suivre ma visite. C’est à eux seuls que s’adressent ces paroles.

Gonzalez SehwerertComme vous en avez été informés, la demande de voyage à Cuba a eu un caractère humanitaire qui s’inscrivait dans l’esprit et la lettre du système de liberté surveillée. Il ne s’est agi ni d’une faveur ni d’une demande politique, mais d’une situation prévue par les lois et dont la solution a été gérée dans le plus strict respect de ces lois. Dans le même esprit de respect de la légalité qui nous a guidé depuis le début de cette démarche, il était indispensable de ne pas transformer mon séjour dans la Patrie en quelque chose qui ne correspondrait pas à la nature de cette demande. Il y allait de notre parole et nous mettions en jeu l’espace moral que nous, les Cinq, avons conquis au cours de cette affaire, pendant toutes ces années.

Cela explique la discrétion qui a entouré ma visite, ce qui a pu surprendre certains. Nous sommes persuadés que cette explication sera comprise par tous ceux qui nous aiment, et qui auraient souhaité que mon séjour donne lieu à quelques démonstrations publiques de satisfaction et de joie. Les limitations imposées par la nature de mon voyage ont rendu ceci impossible, au-delà de ce qui a pu se passer spontanément dans certains lieux où ma présence était inévitable, et ceci pour des remerciements inévitables ou de passé commun. Ajoutons à cela les restrictions de temps du fait des retrouvailles avec ma famille et les moments passés avec mon frère, motif direct de mon voyage.

De mes courtes promenades dans nos rues et du contact spontané avec une partie de notre peuple, je garde des souvenirs inoubliables qui me servent d’inspiration et qui me donnent des forces. J’ai reçu pendant ces journées une affection franche et sincère, respectueuse des conditions de ma visite et de la discrétion qu’elle exigeait de la part de Cubains de toutes origines, et qui me l’ont exprimée de toutes les manières possibles. Je sais qu’à travers chacun de ces compatriotes me parvenait l’affection des millions de gens qui auraient aimé en savoir plus sur mon séjour. À tous – aussi bien ceux que j’ai eu le privilège de rencontrer comme aux autres –, je souhaite leur exprimer mes plus profonds remerciements aussi bien pour leur témoignages de respect généreux que pour leur expressions de solidarité et leur souhaits de rétablissement pour mon frère.

De retour dans ce monde absurde, je suis prêt à poursuivre cette longue bataille pour que justice nous soit rendue. Il était indispensable que ma conduite à Cuba soit d’une modération extrême. Il était impensable que je ne retourne pas aux États-Unis. Je ramène dans mon cœur les intenses moments vécus pendant ces quatorze journées auprès de mon peuple, avec lequel un jour prochain nous fêterons le retour des Cinq.

Pour l’instant, au nom de ma famille et en mon nom, recevez tous nos plus profonds remerciements.

Et, au nom des Cinq, soyez persuadés que nous ne vous décevrons pas et que nous serons toujours dignes de vous.

Affectueusement.

René Gonzalez Sehwerert
 

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