Le Parti communiste
Chilien
Un siècle de luttes
Laura Bécquer Paseiro
AVEC la même force que lorsqu’il fut fondé, le 4 juin
1912, le Parti communiste chilien (PCCh) arive à son
centenaire. En ces temps de nouvelles batailles, les
communistes chiliens suivent la voie tracée par Luis
Emilio Recabarren, le typographe qui fonda, dans la
ville d’Iquique, le Parti ouvrier socialiste (POS). Dix
ans plus tard, le 2 janvier 1922 au Congrès de Rancagua,
cette organisation rejoignit l’Internationale communiste,
prenant alors son nom actuel.
Dans sa Déclaration de principes, le Parti de la
classe ouvrière soulignait la nécessité de supprimer
l’exploitation de l’homme par l’homme, propre au
capitalisme, et d’instaurer une société communiste. Pour
ce faire, il fallait constituer « un organisme d’avant-garde
aux objectifs clairs et avec des décisions précises qui
ne peut être autre que le Parti communiste ».
Le PCCh avait également pour mission de hisser la
lutte des classes du prolétariat à son plus haut niveau
et à une forme supérieure d’organisation. C’est alors
qu’il adopte l’idéologie du prolétariat : le marxisme-léninisme.
Ce Parti, avec d’autres forces politique, fut
protagoniste de la geste glorieuse du gouvernement de
l’Unité populaire du président Salvador Allende
(1970-1973). Ces journées allaient constituer
l’expression la plus haute de la lutte des classes au
Chili, et témoigner du niveau d’organisation atteint par
le prolétariat et d’autres secteurs sociaux.
À la suite du putsch perpétré par Augusto Pinochet,
le Parti retrouva son rôle dirigeant dans la lutte
insurrectionnelle contre la dictature. À cette époque
les communistes chiliens vécurent leur expérience la
plus difficile. Les rangs du PCCh furent décimés par la
répression. Des milliers de dirigeants et de militants
furent assassinés et d’autres furent contraints à l’exil.
Cependant, la dictature militaire ne parvint pas à
faire taire la voix de ceux qui avaient assumé un rôle
d’avant-garde au sein du PCCh. Des figures de la taille
de Pablo Neruda, Victor Jara, Gladys Marin et Volodia
Teitelboim, entre autres, poursuivirent la lutte en
faveur des secteurs les plus démunis de la société
chilienne. Les communistes chiliens se distinguèrent par
leur engagement infatigable dans la lutte pour la
justice sociale et l’équité.
Aujourd’hui, alors que le PCCh s’apprête à fêter un
siècle d’existence, en jouissant d’un grand prestige au
sein de la gauche latino-américaine, nous viennent à
l’esprit les paroles de Ricardo Fonseca, qui fut l’un
des secrétaires généraux de cette formation politique.
Fonseca soulignait qu’un communiste était indestructible
parce que son existence obéissait aux intérêts, aux
besoins et aux luttes des classes populaires.