John Lindsay-Poland
MALGRÉ les dénonciations systématiques faisant état
de graves abus de droits de l’Homme et de la corruption
de la police et de l’armée au Honduras, le Pentagone a
augmenté à 53,8 millions de dollars les dépenses dans ce
pays pour l’année fiscale de 2011, ce qui représente une
hausse de 71% par rapport à l’année précédente.
Beaucoup des dépenses consenties l’année dernière par
le Pentagone au Honduras – environ 24 millions de
dollars – ont été destinées à la base militaire US de
Palmerola, également connue comme Soto Cano, selon des
données contenues dans les contrats publiés par le site
usaspending.gov, recueillies par le Mouvement de
Reconciliation (FOR pour son sigle en anglais).
Contracting, Consulting, Engineering (CCE), une
entreprise de construction qui a ses bureaux à Annapolis,
dans le Maryland, s’est vue octroyer au mois d’août un
contrat de 15 millions de dollars pour la construction
d’une nouvelle caserne pour les troupes basées à Soto
Cano.
L’armée US dépense aussi de l’argent dans la
formation militaire et la construction d’infrastructures
pour les troupes honduriennes.
Un exemple : les exercices militaires baptisés
« au-delà de l’horizon », qui ont débuté le 12 mars et
s’étendront pendant quatre mois.
Ces manœuvres comportent la construction d’immeubles
dans la base du Bataillon d’infanterie hondurien à Naco,
Cortés, en vertu d’un contrat conclu par l’Armée du Sud
des États-Unis. Des contrats précédents ont permis aux
USA de construire des bases à Caratasca (sur la Côte
atlantique) et Guanaja (dans la Caraïbe), et d’augmenter
leur présence militaire dans l’enclave de Soto Cano.
Les fonds destinés par le Pentagone à l’Amérique
latine dans son ensemble ont augmenté de 31,5 millions
de dollars en 2011, à 417 millions, sans compter
l’argent destiné à l’achat de combustible.
Aux Bahamas, où la Marine de guerre possède le Centre
sous-marin atlantique d’essai et d’évaluation (AUTEC),
le montant destiné par le Département de défense US à la
sphère militaire s’est élevé à 93 millions de dollars.
L’AUTEC est doté d’un polygone en eaux profondes pour
armes, et est raccordé à un siège situé à West Pal
Beach, 177 kilomètres au nord-ouest.
L’année dernière, le Pentagone a signé des contrats
évalués à 163 millions de dollars pour entreprendre des
travaux dans la base (illégale) de Guantanamo, à Cuba,
dotée d’une prison où sont détenus (sans jugement) des
personnes suspectées de terrorisme.
Le budget employé par le Pentagone dans ces besognes
ne concerne pas les dépenses de personnel directement
employé par le gouvernement fédéral des États-Unis, ni
celles des milliers de marines embarqués sur les porte-avions
de l’US Army déployés dans la région. Pas plus que les
ventes d’armes ou l’assistance militaire accordée par
les USA à travers le Département d’État à des programmes
d’aide extérieure.
Just the Facts a publié une analyse de la demande de
budget formulée par Obama pour l’aide militaire et
économique pour l’Amérique latine en 2013, qui confirme
une augmentation de la proposition d’aide militaire des
États-Unis au Honduras, et une diminution en Colombie,
au Mexique et en Haïti.
L’assistance militaire au Guatemala a comporté des
sommes pour la conception et la construction, en 1012,
d’un « centre d’opérations contre le trafic de drogue »
à Champerico, et d’un quai dans le Port de San José,
ainsi que des installations pour la formation et la
protection des troupes à Coban. (Extrait tiré du
quotidien numérique vozelsoberano)