Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

     

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 n o t r e   a m e r i q u e

La Havane. le 10 Mai 2012

TOMAS BORGE
Des morts qui ne meurent jamais

Lisanka Gonzalez Suarez

TOMAS Borge est décédé dans la soirée du 30 avril, à l’âge de 82 ans. Il était le dernier en vie des fondateurs de Front sandiniste de libération nationale (FSLN) du Nicaragua.


Un combattant infatigable pour la liberté et l’unité latino-américaines.

La nouvelle a été annoncée par Rosario Murillo, coordinatrice du Conseil de communication citoyenne, qui signalait : « Tomas a achevé ainsi une vie de révolutionnaire au service du peuple, entouré des siens au moment au moment d’entamer son voyage pour l’immortalité (…) Il est difficile en ce moment de paraphraser, mais Tomas est de ces morts qui ne meurent jamais ».

Très jeune il rejoignit la lutte pour un Nicaragua libre et indépendant et non pas gouverné par les intérêts impérialistes, comme l’était à l’époque l’ensemble de l’Amérique latine, notamment sous le régime des Somoza. Il fut co-fondateur avec Carlos Fonseca Amador du FSLN, une organisation héritière de l’idéologie et du mouvement lancé par le leader nicaraguayen Augusto Cesar Sandino.

Borge fut l’un des leaders de la révolution contre la dictature de la famille Somoza, et fut emprisonné plusieurs années malgré les protestations populaires et les campagnes en faveur de sa liberté. « Si Tomas meurt… » était le slogan des étudiants qui ornait les murs de Léon et d’autres villes du pays en 1977 et 1978.

Il fut libéré après la prise du Palais du Congrès national, le 22 août 1978 par les forces révolutionnaires, et il rejoignit la lutte.

Le 19 juillet 1979, les sandinistes prennent le pouvoir, entraînant la fuite deu dictateur Somoza. Tomas Borge fait partie de la direction du gouvernement qui encouragea d’importants changements sociaux en sa qualité de Commandant. Il est nommé ministre de l’Intérieur. Borge était également poète et écrivain.

Parmi ses œuvres les plus connues, on peut citer La paciente impaciencia (Prix Casa de las Américas 1989) ; La ceremonia esperada (Espagne, 1990) et Un grano de maíz (conversations avec Fidel Castro).

Onze ans plus tard, sous le deuxième mandat de Daniel Ortega, jusqu’en 2006, il est responsable du vice secrétariat du FSLN, et occupa un siège au Parlement nicaraguayen.

Que nous laisse-t-il, se demande l’un de ses compatriotes ? « Sa persévérance dans la lutte pour uns société juste et meilleure. Sa conviction de la nécessité de combattre les injustices sociales… Sa fermeté idéologique, car jamais il n’a renié ses idées marxistes comme la philosophie nous permettant d’interpréter la société actuelle. Sa pratique constante de la solidarité… ». Et il se souvient : « Si Tomas meurt… nous pouvons dire qu’il est de ces morts qui ne meurent jamais, comme le déclarait le colonel Nicolas Valle Salinas en montrant la photo du cadavre de Carlos Fonseca Amador sur le quotidien Novedades, en 1976. Cette phrase serait reprise par le chanteur Carlos Mejia Godoy dans l’hymne dédié au fondateur du Front sandiniste de libération nationale.

Cuba a aussi perdu un grand camarade, un grand ami, comme le soulignait le président Raul Castro dans un message adressé au peuple Nicaraguayen.
 

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