Lisanka Gonzalez
Suarez
TOMAS Borge est décédé dans la soirée du 30 avril, à
l’âge de 82 ans. Il était le dernier en vie des
fondateurs de Front sandiniste de libération nationale (FSLN)
du Nicaragua.
|

Un
combattant infatigable pour la liberté et
l’unité latino-américaines. |
La nouvelle a été annoncée par Rosario Murillo,
coordinatrice du Conseil de communication citoyenne, qui
signalait : « Tomas a achevé ainsi une vie de
révolutionnaire au service du peuple, entouré des siens
au moment au moment d’entamer son voyage pour
l’immortalité (…) Il est difficile en ce moment de
paraphraser, mais Tomas est de ces morts qui ne meurent
jamais ».
Très jeune il rejoignit la lutte pour un Nicaragua
libre et indépendant et non pas gouverné par les
intérêts impérialistes, comme l’était à l’époque
l’ensemble de l’Amérique latine, notamment sous le
régime des Somoza. Il fut co-fondateur avec Carlos
Fonseca Amador du FSLN, une organisation héritière de
l’idéologie et du mouvement lancé par le leader
nicaraguayen Augusto Cesar Sandino.
Borge fut l’un des leaders de la révolution contre la
dictature de la famille Somoza, et fut emprisonné
plusieurs années malgré les protestations populaires et
les campagnes en faveur de sa liberté. « Si Tomas
meurt… » était le slogan des étudiants qui ornait les
murs de Léon et d’autres villes du pays en 1977 et 1978.
Il fut libéré après la prise du Palais du Congrès
national, le 22 août 1978 par les forces
révolutionnaires, et il rejoignit la lutte.
Le 19 juillet 1979, les sandinistes prennent le
pouvoir, entraînant la fuite deu dictateur Somoza. Tomas
Borge fait partie de la direction du gouvernement qui
encouragea d’importants changements sociaux en sa
qualité de Commandant. Il est nommé ministre de
l’Intérieur. Borge était également poète et écrivain.
Parmi ses œuvres les plus connues, on peut citer La
paciente impaciencia (Prix Casa de las Américas 1989) ;
La ceremonia esperada (Espagne, 1990) et Un grano de
maíz (conversations avec Fidel Castro).
Onze ans plus tard, sous le deuxième mandat de Daniel
Ortega, jusqu’en 2006, il est responsable du vice
secrétariat du FSLN, et occupa un siège au Parlement
nicaraguayen.
Que nous laisse-t-il, se demande l’un de ses
compatriotes ? « Sa persévérance dans la lutte pour uns
société juste et meilleure. Sa conviction de la
nécessité de combattre les injustices sociales… Sa
fermeté idéologique, car jamais il n’a renié ses idées
marxistes comme la philosophie nous permettant
d’interpréter la société actuelle. Sa pratique constante
de la solidarité… ». Et il se souvient : « Si Tomas
meurt… nous pouvons dire qu’il est de ces morts qui ne
meurent jamais, comme le déclarait le colonel Nicolas
Valle Salinas en montrant la photo du cadavre de Carlos
Fonseca Amador sur le quotidien Novedades, en 1976.
Cette phrase serait reprise par le chanteur Carlos Mejia
Godoy dans l’hymne dédié au fondateur du Front
sandiniste de libération nationale.
Cuba a aussi perdu un grand camarade, un grand ami,
comme le soulignait le président Raul Castro dans un
message adressé au peuple Nicaraguayen.