GENÈVE.– Cuba a dénoncé récemment devant
l’OMC les violations réitérées des États-Unis
contre ses droits de propriété
intellectuelle. La réunion que l’Organe de
règlement des différends de l’Organisation
mondiale du commerce (OMC) a permis
d’entendre les voix des pays latino-américains
qui se sont élevées contre les États-Unis
dix ans après l’ouverture du « dossier
Havana Club », selon l’agence espagnole EFE.
Nancy Madrigal, chargée d’affaires auprès
des organismes internationaux à Genève, a
rappelé que Washington maintient en vigueur
« l’article 211 de la Loi Omnibus
d’assignation » de 1998, malgré les
nombreuses voix en faveur de son abrogation,
rapporte PL.
La déclaration cubaine a été soutenue par
l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le
Chili, la Chine, l’Equateur, le Nicaragua,
le Paraguay, la République Dominicaine,
l’Uruguay, le Venezuela et le Zimbabwe (Afrique),
d’après un communiqué de la Mission
Permanente de Cuba à Genève.
En 2002, l’Organe de Règlement des
Différends de l’OMC avait jugé cette mesure
incompatible avec l’Accords sur les Aspects
des droits de la propriété Intellectuelle
qui touchent au commerce, ainsi qu’avec les
Accords de Paris.
Aux termes de l’article 211 de cette loi,
il est interdit aux titulaires cubains de
pouvoir jouir sur le territoire des États-Unis
de leurs droits sur les marques et les noms
commerciaux.
Cette législation a servi de prétexte
pour permettre à la société Bacardi, dans ce
qui constitue un acte de piraterie délibéré,
d’utiliser la marque Havana Club aux États-Unis,
un fait sans précédent dans le monde, a
dénoncé Madrigal.
L’entreprise Cubaexport, légitime
propriétaire de Havana Club, avait adressé
en janvier une demande de renvoi de cette
affaire à la Cour Suprême des États-Unis,
qui a été rejetée le 14 mai.
La diplomate cubaine a souligné que cette
mesure prive définitivement une entreprise
cubaine du droit de renouveler
l’enregistrement d’une marque qu’elle met en
valeur en toute légitimité depuis plus de 30
ans sur ce territoire.
La diplomate a demandé au gouvernement
des États-Unis une licence permettant à
Cubaexport de renouveler la marque Havana
Club, et l’abrogation immédiate et sans
condition de l’article 211.