Deisy Francis
Mexidor
DE nombreuses enquêtes révèlent que dans l’actuelle
campagne présidentielle mexicaine, environ 20% des
citoyens sont encore indécis sur le choix de leur
candidat et sur le fait même de savoir s’ils se
déplaceront jusqu’aux urnes le 1er Juillet prochain.
Ce pourcentage correspond au nombre d’indécis, une
tranche de la population qui représente entre 17 et 25
millions de personnes, qui à l’évidence, pourraient
faire la différence au moment de désigner le futur
président de la République pour le prochain mandat de
2012-2018.
Cette sorte de boule de cristal est pourtant
trompeuse et elle est souvent utilisée pour manipuler
l’opinion publique, signale le dirigeant politique
mexicain Cuauhtémoc Amezcua Dromondo, au sujet de la
guerre des sondages qui a actuellement lieu dans le pays.
Certains sondages sont ouvertement manipulés en
faveur de certaines organisations politiques, affirme
Amezcua, président du Parti Populaire Socialiste
Mexicain (le PPS).
Ces sondages s’adaptent savamment aux convenances du
moment, et cela fonctionne, souligne-t-il, en commentant
les résultats des instituts de sondages pour les quatre
candidats en lice pour la présidence de la République.
Il signale que dans cette campagne électorale, on a
voulu faire croire dès le départ que la bataille se
jouerait entre deux candidats, le Parti Révolutionnaire
Institutionnel (PRI) et le Parti d’Action Nationale
(PAN), et ainsi ignorer l’option anti-néolibérale que
représente Andrés Manuel Lopez Obrador.
Pour Amezcua, ce raisonnement n’est pas faux : en
effet, la bataille des urnes sera un duel, non pas entre
le PRI et le PAN, mais entre l’Alliance des gauches du
Mouvement Progressiste de Lopez Obrador et l’un des deux
partis partis traditionnels.
Les sondages donnent favori le leader de la coalition
Engagement pour le Mexique du PRI et du PVEM (Parti Vert
Écologiste). Enrique Peña Nieto, suivi par Lopez
Obrador, qui, il y a quelques semaines a réussi à
reléguer en troisième position la candidate du PAN,
Josefina Vazquez Mota; loin derrière, en quatrième
position, le candidat écologiste Gabriel Quadri, du
Parti de la Nouvelle Alliance (PANAL).
L’objectif du candidat Quadri est d’obtenir un score
de 2%, minimum requis pour le maintien officiel de cette
force comme parti politique.
A Guadalajara (Jalisco), s’est tenu le deuxième et
dernier grand débat entre les candidats, organisé par
l’Institut Fédéral Électoral. Les deux candidats en tête
des sondages ont évité la confrontation et ont essayé
d’exposer clairement leurs propositions; Josefina
Vazquez Nieto,quant à elle, à la recherche d’un nouveau
souffle, s’est retranchée dans une posture offensive.
DERNIERE LIGNE DROITE, COUPS BAS
A moins de trois semaines des élections, la scène
politique mexicaine est en ébullition.
Ces derniers jours, les critiques et les accusations
entre les candidats se sont multipliées, même si ces
derniers affirment ne pas vouloir tomber dans des
provocations systématiques.
La propagande s’est également intensifiée dans les
médias, particulièrement à travers la diffusion
d’annonces qui visent à répandre la peur, à miner la
confiance parmi les citoyens et à modifier les
intentions de vote.
Dans le cas particulier du candidat du Mouvement
progressiste Lopez Obrador, on constate qu’il est
victime de la même tentative de manipulation qu’en 2006,
où, déjà candidat aux élections présidentielles, il
avait été stigmatisé comme un danger pour le Mexique.
La course à «Los Pinos» ( «les Pins», résidence des
Présidents au Mexique) réserve sa dose d’émotions
jusqu’à la dernière minute, et les pronostics des
principales forces politiques qui ont tenté de
bipolariser ces élections entre le PRI et le PAN,
ignorant ainsi les options anti-néolibérales
représentées par Obrador, sont en train de s’effondrer.
Au Mexique, il y a quatre options (quatre candidats)
mais une seule possibilité de changement, affirme
Cuauhtémoc Amezcua.
Pour l’instant, les candidats parcourent le
territoire national de meeting en meeting, et les médias
continuent de saturer de propagande leur programmation
habituelle.