Les États-Unis seuls
contre Cuba
Livia Rodriguez
Delis
LE gouvernement des États-Unis se trouve de plus en
plus seul dans sa tentative d’isoler Cuba afin de
détruire la Révolution et éliminer toute trace d’exemple
de démocratie et de solidarité que représente l’île pour
le monde.
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Le rejet de
la politique étasunienne de blocus
économique, commercial et financier à
l’encontre de Cuba s’accroît de jour en jour,
y compris aux États-Unis. |
Il faut dire que Washington n’a plus d’arguments pour
accuser injustement la nation caribéenne et maintenir
des mesures criminelles comme le blocus imposé depuis
plus de 50 ans, dont les dommages économiques directs
infligés au peuple cubain dépassent aujourd’hui les 975
milliards de dollars, calculés sur la valeur en baisse
du dollar par rapport à l’or.
Le rejet de la politique étasunienne à l’encontre de
Cuba s’accroît de jour en jour, y compris aux États-Unis.
Récemment, la Conférence des Évêques catholiques de ce
pays a adressé une lettre à la Secrétaire d’État,
Hillary Clinton, pour demander le rétablissement des
relations diplomatiques avec Cuba et la levée des
restrictions de voyage vers l’île.
Dans un courrier, l’évêque Richard E. Pates, de Des
Moines (Iowa), président du Comité de justice
internationale et paix de la Conférence, a souligné
l’intérêt d’avoir Cuba comme partenaire pour le commerce
étasunien.
Des opinions semblables à celles de l’évêque se sont
fait entendre au sein même du Sénat étasunien. Dans des
déclarations à la presse, le démocrate Jeff Bingaman a
qualifié la politique extérieure nord-américaine envers
Cuba de dépassée, en comparaison avec celle des pays de
l’Amérique latine envers Cuba.
Selon le président du Comité de l’Énergie et des
ressources naturelles du Sénat, les règlementations
concernant Cuba sont décidées sans tenir compte des
intérêts nationaux, insistant sur le fait que cette
politique devait changer.
Jeff Bingaman, qui dirige également un sous-comité
sur le commerce international a fait ces déclarations
après avoir constaté l’échec du récent 6e Sommet des
Amériques en Colombie, qui a mis en évidence l’isolement
des États-Unis.
Par ailleurs, il a exhorté le président Barack Obama,
ou son éventuel adversaire républicain aux prochaines
élections présidentielles du 6 novembre, à adopter une
position en faveur de la normalisation des relations
avec Cuba et, par conséquent, contraire à celle dictée
par les secteurs les plus réactionnaires de la
communauté cubano-étasunienne.
Une position reprise également par le Conseil pour
les affaires hémisphériques (COHA), qui a critiqué la
subordination de la politique extérieure des États-Unis
aux secteurs de l’extrême droite anti-cubaine de la
Floride. Cette organisation non gouvernementale, créée
en 1975, a signalé dans un document les propositions du
président cubain Raul Castro d’entamer un dialogue
respectueux avec les États-Unis, dans des conditions
d’égalité. « Cependant, Washington continue d’apporter
son soutien irrationnel et imprudent à une politique qui
a démontré qu’elle était une erreur manifeste », a-t-il
affirmé.
Il a mentionné également le soutien que l’Assemblée
générale de l’ONU apportait à Cuba lors du vote contre
le blocus, et il a assuré que les États-Unis sont
perdants, aussi bien sur le plan du prestige que sur
celui des opportunités commerciales.
À ce sujet, la communauté internationale continue de
se prononcer. Les voix qui dénoncent cette mesure
unilatérale sont de plus en plus fortes. En effet, son
caractère extraterritorial étend la mesure à tout pays,
organisation ou entreprise qui tente d’établir des
relations commerciales avec Cuba.
À propos de cette politique de génocide à l’encontre
du peuple cubain, le candidat aux élections
présidentielles françaises pour le Front de Gauche,
Jean-Luc Mélenchon, a signalé que le gouvernement nord-américain
viole systématiquement la Résolution de l’ONU, tandis
que l’avocat luxembourgeois Gaston Vogel a qualifié le
blocus de crime, et il a exigé qu’il soit dénoncé comme
tel devant la communauté internationale.
Quant au gouvernement nord-américain, il prétend
persuader l’opinion publique internationale qu’il a mis
en place une politique de changements positifs envers
Cuba : des changements qui cependant se révèlent
parfaitement insuffisants, car ils ne contredisent en
rien l’essence criminelle du blocus, qui est de rendre
« par la faim et le désespoir le peuple cubain ».