Préserver la route
de La Farola
Jorge Luis Merencio
Cautin
DEPUIS plusieurs années, une trentaine d’hommes des
communautés rurales d’Imias et de Baracoa ont pour
mission de préserver l’une des sept merveilles du génie
civil cubain : la majestueuse route de La Farola.
Wilfredo, Herminio, Luis, Domingo, Hermis sont
quelques-uns des noms des personnes chargées des
opérations de nettoyage et de remise en état de La
Farola, la route la plus impressionnante de Cuba qui
relie Baracoa aux régions du sud du pays. La Farola est
un impressionnant ouvrage d’ingénierie qui serpente
entre les montagnes à une hauteur de 600 mètres au
dessus du niveau de la mer. Il possède 9 ponts suspendus
au-dessus du vide. « Les ouvriers chargés de l’entretien
et du nettoyage sont regroupés en trois brigades : deux
appartenant à la municipalité d’Imias et l’autre à celle
de Baracoa », nous explique Herminio Gamboa Martinez, le
responsable du premier groupe.
Originaire du village de Veguita del Sur, Herminio
précise que ses hommes s’occupent des 14 kilomètres de
route reliant la commune de Cajobabo aux hauteurs de
Alto de Emilita (un kilomètre par ouvrier), la deuxième
brigade assure le tronçon Alto de Emilia – Alto de
Marañon, et le troisième groupe est chargé de la voie
reliant les deux municipalités à Paso de Cuba.
Ici s’achève la route proprement dit, mais
officiellement on compte aussi les six kilomètres qui
vont de Las Guasimas au belvédère d’Alto de Cotilla, où
les ingénieurs ont apporté des solutions techniques
originales, comme l’atteste la construction de cette
chaussée dont la réalisation relève de l’exploit
technique, si l’on sait que la ville n’était accessible
que par la mer. Aujourd’hui cette route déroule ses
lacets accrochés aux flancs des montagnes pour descendre
vers la ville entourée de collines.
Le personnel chargé de la maintenance de La Farola et
d’assurer la bonne circulation des véhicules appartient
à l’Entreprise de construction et d’entretien de
Guantanamo. Les travaux s’articulent autour de plusieurs
missions comme le nettoyage, le curage, le débouchage et
le dégorgement des canalisations, ainsi que la
restauration et l’entretien des ponts.
Ils s’occupent en outre d’enlever l’herbe qui pousse
sur les saillies et autres parties de la construction,
de refermer les joints ouverts pour une cause quelconque
afin de garder une surface unie et régulière,
d’entretenir en bon état l’asphalte de la chaussée et
des trottoirs, ainsi que l’état des enrochements des
fondations…
« Les plus gros travaux sont réalisés au moyen
d’engins fournies par des entreprises de construction
des deux municipalités », signale Ermis Ramirez Ramirez,
qui malgré ses 61 ans est l’ouvrier d’avant-garde de la
brigade dirigée par Herminio.
« Cette route est toute notre vie, c’est pourquoi ce
travail nous tient à cœur. Cet ouvrage fait la fierté
aussi bien des habitants de Baracoa que des gens comme
nous qui habitons tout au long de la route », ajoute
Wilfredo Samon Samon, membre de la deuxième brigade,
habitant du village d’El Chorrito, où est née la
première équipe chargée de l’entretien de La Farola,
dans le milieu des années 60.
La route de La Farola est empruntée par 96% des gens
qui entrent ou sortent de Baracoa, et 83% des
marchandises transitent par cette voie, ce qui en dit
long sur l’importance économique de cet ouvrage, une
promesse non tenue par les gouvernements de la pseudo
république qui fut accomplie par la Révolution
Elio Gonzalez Rodriguez, sous-directeur économique de
l’Entreprise de construction et d’entretien de
Guantanamo, a fait l’éloge du travail du personnel
chargé de préserver de La Farola.
À la veille du triomphe de la Révolution, la ville de
Baracoa languissait encore, dépourvue de routes ou d’un
chemin de fer la reliant au reste de l’île. Avec
l’arrivée de la Révolution, les conditions de Baracoa
changèrent significativement grâce à la construction de
cette route entre les montagnes qui relie la ville à
Santiago de Cuba.