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La Havane. 10 Mai 2012 

La solidarité : la clé pour la libération et la fin de l'injustice contre les Cinq

Gloria Gonzalez Justo

Nous savons que la justice est de notre côté et qu’à la fin, elle triomphera… parce que le nombre d’amis dans le monde continue d’augmenter non seulement en quantité, mais en détermination et énergie… Je sais que beaucoup d’entre vous sont venus de très loin jusqu’à Washington pour représenter des centaines d’autres. Ceci démontre que notre mouvement n’est pas imaginaire, mais qu’il est activement connecté et que vous travaillez tous ensemble.

Extraits de la lettre de Gerardo Hernandez, lue le 21 avril 2012 devant la Maison-Blanche.

Entre leur participation au Défilé du 1er Mai à La Havane, puis au meeting du 5 pour les Cinq avec les membres de la Brigade du 1er Mai au Campement international Juan Antonio Mella, à Caimito, Alicia Jrapko, coordinatrice du Comité international pour la liberté des Cinq aux États-Unis, et Bill Hackwell, photographe nord-américain, et membre du Comité, nous ont donné leurs impressions et leurs espoirs après la campagne Cinq Jours pour les Cinq organisée récemment à Washington par le Comité international.

Pourquoi organiser une campagne à Washington ?

C’est à Washington que se trouve le centre du pouvoir nord-américain. C’est la première fois qu’une campagne de 5 jours est organisée dans la capitale des États-Unis. On nous disait souvent que le moment n’était pas bien choisi pour réaliser des actions en relation avec les Cinq, car nous étions en période électorale. Mais nous nous sommes dit : Pourquoi attendre ? Nous ne pouvons pas attendre que ce soit la conjoncture politique du gouvernement des États-Unis qui décide de quand nous pouvons exiger la libération et le retour à Cuba de Gerardo Hernandez, Antonio Guerrero, Fernando Gonzalez, Ramon Labañino et René Gonzalez. Notre projet, c’était d’informer des publics différents sur l’affaire des Cinq : des sénateurs, des congressistes, des étudiants, des religieux, et le peuple nord-américain en général, à la sortie du métro, dans les rues et jusque devant la Maison-Blanche.

De façon organisée et coordonnée au préalable, un groupe d’environ 20 amis s’est rendu dans 45 bureaux de congressistes et de sénateurs où ils ont été reçus par des adjoints, comme cela se pratique habituellement, à qui ils ont donné des détails sur l’affaire des Cinq et laissé des informations actualisées. À trois occasions, ils ont été reçus par les sénateurs eux-mêmes.

Concrètement : pour la première fois nous avons réalisé une action coordonnée de lobbying ; présenté des documentaires sur les Cinq dans deux universités ; apporté notre soutien à la création d’un nouveau comité de solidarité avec les Cinq ; organisé plusieurs conférences avec des intellectuels, des religieux, des artistes, des cinéastes, des syndicalistes, pour terminer par un rallye et une manifestation devant la Maison-Blanche.

Pourquoi avoir présenté l’affaire aux congressistes et aux sénateurs ?

La majorité des congressistes et des sénateurs auxquels nous avons demandé rendez-vous sont en faveur d’un changement de politique avec Cuba, pour différentes raisons. Nous voulions leur faire savoir d’une certaine manière que l’affaire des Cinq est au centre de tout changement de politique des États-Unis envers Cuba, qu’elle ne peut pas être considérée comme quelque chose à part. L’affaire des Cinq est un des obstacles à la normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba.

En outre, le procès se trouve à un moment critique, où pratiquement tous les recours en justice ont été épuisés. Être présents à Washington, c’était faire entendre les voix de milliers de personnes qui nous aidés à mettre sur pied ces Journées, et qui dans leur propre pays se sont fait l’écho de cette campagne. Plus la possibilité d’une décision de justice en faveur des Cinq s’éloigne, plus notre présence solidaire doit augmenter aux États-Unis.

Comment un événement de cette envergure est-il possible ?

Avec beaucoup de créativité, de dévouement, et avec un nombre considérable de personnes que ont mis au point les détails de ces journées. On y parvient également avec un budget que nous avons réuni grâce à l’aide de nombreux comités et de personnes dans le monde. Si nous avions eu plus de moyens, nous aurions pu faire beaucoup plus de choses. Mais lorsque nous ne pouvions pas payer une annonce dans un journal à grand tirage ou une publicité dans les autobus, comme nous l’avions prévu, nous sommes descendus dans la rue pour distribuer des milliers de tracts… Jamais nous n’avons manqué ni de détermination, ni d’enthousiasme pour aller à la rencontre des gens.

Les enseignements de ces cinq journées…

Quand il existe la détermination de travailler ensemble à un projet commun, aussi important que celui d’obtenir la libération de cinq hommes innocents, qui chaque jour nous donnent des exemples de dignité et de fraternité, tout est possible.

Je voudrais souligner également le contact très positif avec le peuple nord-américain. Pouvoir parler avec des personnes dans la rue nous a confirmé quelque chose que nous supposions : les gens n’étaient pas au courant de l’affaire des Cinq. Ils n’avaient jamais entendu parler du procès, ni dans les journaux ni à la télévision. Et cependant, ils se sont montrés très ouverts à recevoir plus d’informations. Nous sommes convaincus que nous devons lutter davantage aux États-Unis, et obtenir un plus grand soutien du peuple nord-américain dans notre combat pour la libération des Cinq.

La nouvelle campagne Obama Give me Five…

Barack Obama, en tant que président des États-Unis, a le pouvoir constitutionnel de libérer les Cinq par la simple signature d’un décret exécutif. Qui plus est, son devoir est de mettre un terme à une telle injustice. Le message est exprimé dans un style familier, simple et direct, comme cela se pratique aux États-Unis. Nous comptons sur le soutien des plus de 300 comités de solidarité dans le monde pour faire de ce message une revendication universelle de liberté pour les Cinq.

Et maintenant…

Le Comité international va poursuivre le travail qu’il a démarré avec les congressistes et les sénateurs étasuniens. D’autres actions sont prévues avec des syndicalistes.

Nous poursuivons la campagne du 5 de chaque mois pour les Cinq. Nous savons que des actions sont organisées dans le monde entier, que des messages arrivent par milliers à la Maison-Blanche à cette date.

Bientôt ce sera la campagne que nous organisons chaque année du 12 septembre – jour de leur arrestation – au 8 octobre. Nous n’avons plus besoin de lancer d’appel international. Dans de nombreux pays, les Comités organisent des actions de tout type pour exiger la libération des Cinq, pendant cette période.

Ceci démontre la maturité et la détermination du mouvement de solidarité. Nous savons que la solidarité est la clé qui ouvrira les portes des prisons pour l’inévitable retour des Cinq à Cuba. »

Bill, en tant que photographe spécialisé en photographie documentaire et sociale, et membre du Comité international, comment analyses-tu les cinq journées à Washington ?

« Quand nous avons commencé à réfléchir au concept des Cinq journées pour les Cinq, nous ne savions pas du tout ce qui allait se passer. Et cependant, les résultats ont dépassé nos attentes dans tous les événements que nous avons organisés. Par exemple, réaliser une manifestation devant la Maison-Blanche pour la libération des Cinq rassemblant plus de 300 personnes, à un moment si particulier, est un fait significatif. La police a dû demander du renfort pour surveiller la manifestation, et selon les policiers, « ils n’attendaient pas autant de monde… »

Je crois que la clé pour obtenir la libération des Cinq, c’est de construire une mouvement populaire de solidarité aux États-Unis. Cet effort, à ce moment précis que vit la société nord-américaine, ne peut que s’inscrire dans le contexte du mouvement progressiste étasunien. Nous avons des signes que la solidarité avec les Cinq augmente. Ainsi, plusieurs membres du mouvement Occupons Wall Street ont participé à notre manifestation. Il est clair que mouvement de solidarité se renforce, même si les grands médias tentent de le passer sous silence.

La liberté des Cinq est inévitable. Notre rôle, c’est de lutter pour qu’elle intervienne le plus tôt possible. »

Alicia et Bill sont retournés à Oakland, en Californie. Ils nous ont promis qu’ont les reverra bientôt sur l’un ou l’autre des ponts d’une autoroute californienne, déployant une banderole qui dit au président des États-Unis : Obama… Give me five.
 

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