La solidarité : la
clé pour la libération et la fin de l'injustice contre
les Cinq
Gloria Gonzalez Justo
Nous savons que la justice est de notre côté et qu’à
la fin, elle triomphera… parce que le nombre d’amis dans
le monde continue d’augmenter non seulement en quantité,
mais en détermination et énergie… Je sais que beaucoup
d’entre vous sont venus de très loin jusqu’à Washington
pour représenter des centaines d’autres. Ceci démontre
que notre mouvement n’est pas imaginaire, mais qu’il est
activement connecté et que vous travaillez tous ensemble.
Extraits de la lettre de Gerardo Hernandez, lue le 21
avril 2012 devant la Maison-Blanche.
Entre leur participation au Défilé du 1er Mai à La
Havane, puis au meeting du 5 pour les Cinq avec les
membres de la Brigade du 1er Mai au Campement
international Juan Antonio Mella, à Caimito, Alicia
Jrapko, coordinatrice du Comité international pour la
liberté des Cinq aux États-Unis, et Bill Hackwell,
photographe nord-américain, et membre du Comité, nous
ont donné leurs impressions et leurs espoirs après la
campagne Cinq Jours pour les Cinq organisée récemment à
Washington par le Comité international.
Pourquoi organiser une campagne à Washington ?
C’est à Washington que se trouve le centre du pouvoir
nord-américain. C’est la première fois qu’une campagne
de 5 jours est organisée dans la capitale des
États-Unis. On nous disait souvent que le moment n’était
pas bien choisi pour réaliser des actions en relation
avec les Cinq, car nous étions en période électorale.
Mais nous nous sommes dit : Pourquoi attendre ? Nous ne
pouvons pas attendre que ce soit la conjoncture
politique du gouvernement des États-Unis qui décide de
quand nous pouvons exiger la libération et le retour à
Cuba de Gerardo Hernandez, Antonio Guerrero, Fernando
Gonzalez, Ramon Labañino et René Gonzalez. Notre projet,
c’était d’informer des publics différents sur l’affaire
des Cinq : des sénateurs, des congressistes, des
étudiants, des religieux, et le peuple nord-américain en
général, à la sortie du métro, dans les rues et jusque
devant la Maison-Blanche.
De façon organisée et coordonnée au préalable, un
groupe d’environ 20 amis s’est rendu dans 45 bureaux de
congressistes et de sénateurs où ils ont été reçus par
des adjoints, comme cela se pratique habituellement, à
qui ils ont donné des détails sur l’affaire des Cinq et
laissé des informations actualisées. À trois occasions,
ils ont été reçus par les sénateurs eux-mêmes.
Concrètement : pour la première fois nous avons
réalisé une action coordonnée de lobbying ; présenté des
documentaires sur les Cinq dans deux universités ;
apporté notre soutien à la création d’un nouveau comité
de solidarité avec les Cinq ; organisé plusieurs
conférences avec des intellectuels, des religieux, des
artistes, des cinéastes, des syndicalistes, pour
terminer par un rallye et une manifestation devant la
Maison-Blanche.
Pourquoi avoir présenté l’affaire aux congressistes
et aux sénateurs ?
La majorité des congressistes et des sénateurs
auxquels nous avons demandé rendez-vous sont en faveur
d’un changement de politique avec Cuba, pour différentes
raisons. Nous voulions leur faire savoir d’une certaine
manière que l’affaire des Cinq est au centre de tout
changement de politique des États-Unis envers Cuba,
qu’elle ne peut pas être considérée comme quelque chose
à part. L’affaire des Cinq est un des obstacles à la
normalisation des relations entre les États-Unis et
Cuba.
En outre, le procès se trouve à un moment critique,
où pratiquement tous les recours en justice ont été
épuisés. Être présents à Washington, c’était faire
entendre les voix de milliers de personnes qui nous
aidés à mettre sur pied ces Journées, et qui dans leur
propre pays se sont fait l’écho de cette campagne. Plus
la possibilité d’une décision de justice en faveur des
Cinq s’éloigne, plus notre présence solidaire doit
augmenter aux États-Unis.
Comment un événement de cette envergure est-il
possible ?
Avec beaucoup de créativité, de dévouement, et avec
un nombre considérable de personnes que ont mis au point
les détails de ces journées. On y parvient également
avec un budget que nous avons réuni grâce à l’aide de
nombreux comités et de personnes dans le monde. Si nous
avions eu plus de moyens, nous aurions pu faire beaucoup
plus de choses. Mais lorsque nous ne pouvions pas payer
une annonce dans un journal à grand tirage ou une
publicité dans les autobus, comme nous l’avions prévu,
nous sommes descendus dans la rue pour distribuer des
milliers de tracts… Jamais nous n’avons manqué ni de
détermination, ni d’enthousiasme pour aller à la
rencontre des gens.
Les enseignements de ces cinq journées…
Quand il existe la détermination de travailler
ensemble à un projet commun, aussi important que celui
d’obtenir la libération de cinq hommes innocents, qui
chaque jour nous donnent des exemples de dignité et de
fraternité, tout est possible.
Je voudrais souligner également le contact très
positif avec le peuple nord-américain. Pouvoir parler
avec des personnes dans la rue nous a confirmé quelque
chose que nous supposions : les gens n’étaient pas au
courant de l’affaire des Cinq. Ils n’avaient jamais
entendu parler du procès, ni dans les journaux ni à la
télévision. Et cependant, ils se sont montrés très
ouverts à recevoir plus d’informations. Nous sommes
convaincus que nous devons lutter davantage aux
États-Unis, et obtenir un plus grand soutien du peuple
nord-américain dans notre combat pour la libération des
Cinq.
La nouvelle campagne Obama Give me Five…
Barack Obama, en tant que président des États-Unis, a
le pouvoir constitutionnel de libérer les Cinq par la
simple signature d’un décret exécutif. Qui plus est, son
devoir est de mettre un terme à une telle injustice. Le
message est exprimé dans un style familier, simple et
direct, comme cela se pratique aux États-Unis. Nous
comptons sur le soutien des plus de 300 comités de
solidarité dans le monde pour faire de ce message une
revendication universelle de liberté pour les Cinq.
Et maintenant…
Le Comité international va poursuivre le travail
qu’il a démarré avec les congressistes et les sénateurs
étasuniens. D’autres actions sont prévues avec des
syndicalistes.
Nous poursuivons la campagne du 5 de chaque mois pour
les Cinq. Nous savons que des actions sont organisées
dans le monde entier, que des messages arrivent par
milliers à la Maison-Blanche à cette date.
Bientôt ce sera la campagne que nous organisons
chaque année du 12 septembre – jour de leur arrestation
– au 8 octobre. Nous n’avons plus besoin de lancer
d’appel international. Dans de nombreux pays, les
Comités organisent des actions de tout type pour exiger
la libération des Cinq, pendant cette période.
Ceci démontre la maturité et la détermination du
mouvement de solidarité. Nous savons que la solidarité
est la clé qui ouvrira les portes des prisons pour
l’inévitable retour des Cinq à Cuba. »
Bill, en tant que photographe spécialisé en
photographie documentaire et sociale, et membre du
Comité international, comment analyses-tu les cinq
journées à Washington ?
« Quand nous avons commencé à réfléchir au concept
des Cinq journées pour les Cinq, nous ne savions pas du
tout ce qui allait se passer. Et cependant, les
résultats ont dépassé nos attentes dans tous les
événements que nous avons organisés. Par exemple,
réaliser une manifestation devant la Maison-Blanche pour
la libération des Cinq rassemblant plus de 300 personnes,
à un moment si particulier, est un fait significatif. La
police a dû demander du renfort pour surveiller la
manifestation, et selon les policiers, « ils
n’attendaient pas autant de monde… »
Je crois que la clé pour obtenir la libération des
Cinq, c’est de construire une mouvement populaire de
solidarité aux États-Unis. Cet effort, à ce moment
précis que vit la société nord-américaine, ne peut que
s’inscrire dans le contexte du mouvement progressiste
étasunien. Nous avons des signes que la solidarité avec
les Cinq augmente. Ainsi, plusieurs membres du mouvement
Occupons Wall Street ont participé à notre manifestation.
Il est clair que mouvement de solidarité se renforce,
même si les grands médias tentent de le passer sous
silence.
La liberté des Cinq est inévitable. Notre rôle, c’est
de lutter pour qu’elle intervienne le plus tôt possible.
»
Alicia et Bill sont retournés à Oakland, en
Californie. Ils nous ont promis qu’ont les reverra
bientôt sur l’un ou l’autre des ponts d’une autoroute
californienne, déployant une banderole qui dit au
président des États-Unis : Obama… Give me five.